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MACSF – Médecin du futur

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L’assureur MACSF, spécialiste des assurances pour les professionnels de santé, s’intéresse au métier de ses clients, et aux changements à venir sur ces populations. Il vient de publier les résultats d’une étude « Médecin du futur ». Cette étude a été menée via un questionnaire envoyé en mai 2018 à 8000 médecins sociétaires, de toutes spécialités et de tout statut (hospitalier, salarié, libéral et interne), de 18 à 65 ans.

Par la méthode, il n’est pas précisé s’il s’agit d’un échantillon représentatif. On peut donc considérer que ce n’est pas le cas. En revanche, le volume de répondants (8000 sur un total de 226000 médecins en activité d’après la DREES, comme le rappelle l’introduction), soit 3,5%, donne du corps à cette étude et lui confère un intérêt non négligeable. Les questions posées s’intéressent d’abord aux transformations du métier, mais cela ouvre plus largement des horizons sur les enjeux à venir de l’assurance santé et des services associés.

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Plusieurs thématiques ont été envisagées :

Innovation technologique et santé

Dans un contexte d’ouverture plus large de la téléconsultation, 73% des médecins considèrent que la télémédecine et la consultation à distance feront partie de leur quotidien en 2030.

Moins de 10% des médecins estiment qu’ils n’utiliseront pas les robots dans leurs pratiques.

Un focus sur l’intelligence artificielle

71% des médecins considèrent que l’intelligence artificielle permettra de réduire les erreurs dans la pratique de la médecine.

Quelques cas d’usage et exemples sont donnés :

  • L’IA pour la dermatologie et l’ophtalmologie : un algorithme conçu par des chercheurs allemands, français et américains serait capable de surpasser les spécialistes dans le dépistage du cancer de la peau. Côté Vérily (Google), leur technique d’étude de la vascularisation du fond de l’œil permet d’indiquer un risque cardio vasculaire pour le patient.
  • IA et radiologie : L’intelligence artificielle intervient ici surtout dans l’interprétation automatisée d’images

Il est toutefois précisé qu’elle ne se substituera pas aux médecins ! La médecine comporte un côté anxiogène pour lequel la relation humaine est essentielle. Il ne s’agit donc pas de remplacer mais bien d’assister l’être humain.

Les objets connectés permettront de connecter les chambres selon 63% des spécialistes.

Pour 45% des médecins, ces innovations feront de la place pour passer plus de temps avec le patient ou pour se former. En revanche, cela ne devrait pas apporter plus de considération pour le médecin (Note : C’est assez prévisible, car ce n’est pas vraiment l’objectif).

Près de 4 médecins sur 5 s’inquiètent d’un risque de déshumanisation et 2 sur 3 de bugs qui pourraient avoir des conséquences fâcheuses.

Enfin, 1 médecin sur 2 s’inquiètent d’un risque d’absence de protection des données personnelles. (Note : vus tous les débats et les enjeux sur la question côté assureurs, ce chiffre paraît un peu faible. Est-ce parce que l’autre moitié n’a pas compris les enjeux autour de ces données ? On n’ose le croire…)

E-Santé

Ce chapitre nous intéresse un peu plus particulièrement car il touche de près des questions que se posent les assureurs dès maintenant ! Quelques chiffres :

  • 76% des médecins se sentent légitime pour participer à l’amélioration des pratiques
  • 54% pensent que la médecine va être révolutionnée par les start-ups de la e-santé

Il est important de noter que beaucoup d’interrogations sont évoquées concernant un risque de médecine à 2 vitesses, entre une médecine connectée et disponible des riches d’un côté, et une médecine lointaine et inaccessible pour les pauvres.

Une vigilance particulière doit avoir lieu concernant l’utilisation des données personnelles dans un contexte RGPD. En effet, les contraintes réglementaires sont plus fortes pour les données numériques que celles existants pour les dossiers papiers. C’est notamment le cas en ce qui concerne l’usage anticipé des données collectées.

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Médecine prédictive

Les assureurs s’interrogent massivement sur la faisabilité d’anticiper les risques, voire d’agir sur eux. Cette étude apporte quelques éléments de réponse.

Note : 2 cas d’usage sont pertinents ici : la sélection médicale pour les assurances prévoyance, et les questions de prévention pour l’assurance santé de manière plus générale.

  • 52% des médecins considèrent que les traitements seront personnalisés en fonction de l’ADN de chaque patient, mais à peine 13% pensent que la médecine prédictive sera fiable à 100%
  • 40% pensent que prédire permettra de guérir, autrement dit qu’une prédiction permet une prise en charge en amont et donc augmente les chances de guérison
  • 64% des médecins considèrent que la médecine prédictive peut ne pas apporter de solutions
  • 62% estiment que les tests augmenteront le nombre de tests sur les individus bien portants.

Ainsi, si, comme l’indique la ministre de la Santé, la « médecine du futur sera prédictive, personnalisée et préventive », il reste encore du chemin à parcourir.

Perception de la médecine du futur

La perception du futur, et donc de l’évolution de leur métier, est différente selon les typologies de médecins. Un quart des spécialistes est enthousiaste, contre 12% pour les généralistes. Globalement, ce chiffre est faible. Côté spécialistes, si l’on salue l’assistance apportée dans leur travail, on craint des dérives éthiques. Côté généralistes, ce sont les contraintes administratives additionnelles qui inquiètent.

Enfin, à peine un tiers des médecins pensent que les patients sont prêts. (Note : Nous touchons là la peur des médecins de voir leur métier se transformer, et ce type de réponse est un peu irrationnel. Ce n’est pas aux praticiens de décréter que leurs patients / clients ne sont pas prêts)

Conclusion de « Médecin du futur »

Il reste pour autant certain que l’enjeu pour le médecin du futur ne réside pas dans le remplacement des médecins par la technologie, mais bien plutôt dans un accompagnement et un renforcement de ses compétences dans sa vie quotidienne. Son rôle, notamment dans sa composante humaine, n’est pas remis en question, loin de là.

Côté assurance, il apparaît toutefois clairement que des solutions commencent bel et bien à exister pour améliorer les prises en charges et éventuellement envisager des services complémentaires.

Si vous vous intéressez à la e-Santé, pourquoi ne pas lire ou relire mon article sur la bibliographie de l’IRDES ou vous inscrire pour suivre mes prochaines publications:

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