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EY Insurance outlook Americas

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Le cabinet EY a publié une étude sur les enjeux pour l’assurance dans les principaux pays de la zone Amérique. Le thème de l’étude: Que doivent faire les assureurs maintenant pour préparer l’avenir ? Voici une synthèse de « EY insurance outlook americas ».

La situation du monde l’assurance aux États-Unis

Peu de croissance, une forte pression par rapport aux revenus et une évolution constante par rapport à la technologie et aux attentes des clients : c’est la situation actuelle aux États-Unis et une adaptation aux technologies devient inévitable pour permettre un développement plus profitable.

Le secteur des assurances-vie se réduit et les autres assurances comme celles des voitures ou de la santé sont en croissance. Le marché d’Amérique du Nord serait plus développé qu’en Amérique du Sud et Centrale, mais cela implique un protectionnisme accru et une inflation croissante. Les primes brutes souscrites sur des contrats d’assurances connaîtraient une croissance inférieure aux États-Unis par rapport aux marchés émergents.

L’évolution de croissance à ce niveau en Amérique Latine serait supérieure par rapport à celle des États-Unis depuis 2018 et pour les années à venir. La baisse du nombre de primes d’assurance des États-Unis a diminué entre 2014 et 2017 de 0,8% pour une diminution de 0,4% pour le reste du continent américain. Le nombre de contrats de rentes viagères y a même connu une diminution de 18% pour la même période.


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La mauvaise situation du marché nécessite plusieurs réactions

  • La première nécessité est le développement de nouvelles propositions pour le bien-être financier conformément aux attentes des clients et aux besoins d’une population vieillissante.
  • Une amélioration de la distribution par de nouveaux canaux directs et des agents responsables est le deuxième type de réaction à adopter.
  • La collaboration avec des insurtechs et de nouveaux inputs est une troisième réaction nécessaire.
  • Enfin, une optimisation des bases de la chaîne de valeur, afin d’augmenter la durabilité, est une autre nécessité de la situation actuelle.

Ces évolutions ne seront toutefois possibles qu’en prenant en compte le développement numérique, seul moyen de proposer aux clients des produits adaptés à leurs attentes. Cela permettra de réduire les coûts de fonctionnement et de fidéliser les clients par le développement d’une relation plus personnalisée.

Un manque d’adaptabilité de la part des assurances-vies.

Les assurances-vie doivent s’adapter à la réalité du marché pour augmenter leur efficacité, car leurs ventes sont en diminution. Les enjeux essentiels à ce niveau sont l’augmentation du bien-être financier et des conseils financiers plus holistiques, qui seuls permettront aux assureurs de s’adapter à leur clientèle.

Les mentalités changent! Les millenials réorientent massivement leurs dépenses vers les loisirs et les vacances, sujets court-termistes, plutôt que vers de l’assurance vie et la projection dans le futur. 27% citent des hobbys et des activités récréatives comme prétexte pour seulement 8% chez les baby-boomer. Le secteur des assurances doit s’adapter à cette réalité, notamment en proposant de nouveaux produits et services, en développant son processus communicationnel et sa distribution.

Les stratégies utilisées par le passé de se concentrer sur les clients plus riches ne marchent plus face à un monde en développement technologique constant. Les assureurs doivent élargir leur clientèle potentielle, s’ils veulent continuer à développer des bénéfices. La communication est décisive pour apporter des arguments de vente réels aux clients.

Ce développement nécessite du temps et de l’argent, mais se révélera bénéfique pour les assureurs, avec des relations plus solides avec leur clientèle.

Un développement humain et digital

Les assureurs doivent développer leur modèle d’affaires par une numérisation de leurs services, avec une offre incluant tous les canaux existants, complétée par de nouveaux services de conseils. 33% de la clientèle n’aurait actuellement pas confiance dans les agents, pour 31% qui n’auraient pas confiance dans les compagnies d’assurance.

Une majorité écrasante (96%) de clients font leurs achats d’assurance via internet, pour seulement 42% avec un contact direct avec un assureur. Les services attendus de la part de la clientèle doivent être homogènes et permettre un self-service. C’est le seul moyen d’obtenir une augmentation des ventes directes pour les assureurs. Toutefois, le facteur des relations humaines reste important pour chacun. 72% de la génération du millénaire considère que la rencontre avec un agent est importante avant un quelconque achat d’assurance, pour 69% parmi les baby-boomers.

Collaborations au sein d’écosystèmes : l’importance d’être pro-actif

Les assureurs doivent développer des écosystèmes exhaustifs incluant de nouveaux partenaires et des Insurtechs, ou des partenaires déjà existants. Le monde de l’assurance pourrait connaître une révolution avec la possibilité d’acheter des assurances chez de nouveaux acteurs potentiels du marché, tels qu’Amazon ou Apple, en assimilant les assurances avec les autres produits de consommation courante.

L’investissement des Insurtechs dans le secteur des assurances-vie et des assurances de santé a quadruplé entre 2012 et 2017. Ce développement est en croissante constante, bien qu’il reste relativement marginal par rapport au développement Fintech global.

Cette situation doit avoir pour conséquences prochainement le développement de nouveaux modèles d’acquisition, ainsi que de nouveaux modèles de distribution et d’efficacité. Les autres types de secteurs peuvent apprendre beaucoup aux assureurs pour les aider à mieux s’adapter à cette nouvelle réalité. Le développement d’écosystèmes incluant des services globaux de bien-être financier doit se faire en collaboration avec différents partenaires. (Note: à ce sujet, relire cet article). Cela ne saurait marcher en développant ces nouveaux types de services de manière isolée, la collaboration avec les Insurtechs devient donc incontournable.

Optimisation de la chaîne de valeur

Les assureurs doivent développer leur agilité et moderniser leurs systèmes d’affaires pour ne pas finir par être écartés du marché. Les dépenses du secteur de l’assurance étaient en augmentation de quasi 1% avec 20,7% en 2017 par rapport à 19,8% en 2012. La réduction des dépenses du secteur doit se faire par le développement de technologies digitales.

La pratique de l’externalisation des données est notamment une stratégie efficace pour résoudre de nombreux problèmes techniques posés par les modèles d’affaires traditionnels. Ces modèles empêchent les assureurs d’expérimenter avec de nouvelles technologies, d’intégrer des changements structurels pour s’adapter aux besoins de leurs clients ou de mieux atteindre leur clientèle-cible grâce à la collecte de données et d’analyses.

Cela pose une menace réelle pour les assureurs plus anciens, qui doivent trouver les moyens de rivaliser avec ces stratégies, en externalisant leurs données, et mettant en place des partenariats ou en harmonisant le fonctionnement interne et externe pour être efficace au niveau des opérations quotidiennes. Il devient donc essentiel pour tous les assureurs de développer un nouveau modèle d’assurances holistique. Cela permettra de proposer leur offre de bien-être financier, de créer une carte de distribution à la fois humaine et digitale, d’évaluer et développer des options de partenariat pour le développement d’écosystèmes et de plateformes futures, tout en identifiant des partenaires Insurtechs pertinents pour le développement de stratégies et de compétences, mais aussi d’évaluer les composants individuels dans la chaîne de valeurs pour identifier des possibilités d’automatisation et de réorganisations éventuelles.

La situation du marché hors assurances-vie

Les assureurs doivent focaliser leur attention autrement pour améliorer leurs profits dans un marché à faible marge de profits. Cela inclut notamment de se concentrer sur ce qui est efficace au niveau de leurs bénéfices, de renforcer les canaux directs pour réduire le nombre d’agents, de se préparer à l’entrée sur le marché des géants de l’information comme Apple, de développer des partenariats avec l’Insurtech et d’accélérer leur rapidité sur le marché pour tirer profit de nouvelles opportunités.

La numérisation définira les gagnants et perdants

Le développement d’une numérisation est le seul moyen d’augmentation l’efficacité des performances et leurs bénéfices. Ces technologies incluent l’intelligence artificielle, l’internet des objets et les chaînes de blocs pour les identifications. Ce développement doit permettre une augmentation de la qualité du service et de la satisfaction des clients, des compétences d’innovation accrues, une plus grande transparence au niveau des contrôles des coûts et une réduction des frais opérationnels. Dans ce contexte, i devient aussi vital pour les assureurs de pouvoir lancer de nouveaux produits avant leurs concurrents, de pouvoir suivre au moyen de données les développements du marché ainsi que de la clientèle et de pouvoir identifier la demande avant sa matérialisation.

Les impératifs pour les assureurs des États-Unis.

Une optimisation de la chaîne de valeurs est essentielle pour augmenter les retours de capitaux. Une prise de contrôle des écosystèmes est essentielles pour permettre aux assureurs d’y définir leur position. Les assureurs du secteur domestique et immobilier doivent adapter leurs canaux directs et leurs stratégies de distribution, identifier une nouvelle proposition de valeur pour accélérer leur approche de développement de produits, identifier des zones spécifiques permettant d’augmenter l’efficacité des coûts, identifier les zones de sous-investissement et les prioriser pour le développement numérique et évaluer leurs compétences de développement interne par rapport aux zones de développement critique, surtout au niveau de l’architecture digitale, des analyses et du design.

La situation de l’assurance au Canada, dépasser la stagnation.

Le développement de l’assurance se ralentit fortement depuis quelques années au Canada, en raison d’une population vieillissante. Parmi les solutions pour dépasser cette stagnation, un engagement axé sur l’expérience des clients, ainsi que de nouveaux venus digitaux sur le marché pourraient redéfinir les règles du jeu.

Les nouveaux standards de contrats IFRS 17 ont mis en place une pression régulatrice au niveau des opérateurs, en augmentant les frais des opérateurs pour s’y adapter, particulièrement au niveau des assurances-vie.

Le développement d’Insurtechs et de nouveaux partenariats doit permettre aux assureurs de se repositionner par rapport à cette nouvelle réalité de marché. La gestion de données et d’analyses doit les aider également à mieux s’adapter à cette réalité, en pouvant mieux estimer leurs coûts.

Prendre en compte de manière pro-active les résultats d’IFRS 17 et les possibilités de consolidation de produits par rapport à leur modèle de fonctionnement semble essentiel pour mieux gérer cette situation, mais également la mise en place d’une stratégie de développement digital.

Des opportunités de croissance au Brésil

Les assureurs doivent se préparer à un avenir centré sur le numérique pour tirer profit des opportunités de croissance du marché. Un meilleur développement des systèmes de rente est essentiel pour s’adapter à ce nouveau développement de la société. Des opérations de modernisation doivent permettre une réduction des coûts opérationnels globaux.

L’assurance au Mexique, une résilience certaine pour un marché incertain

Ce marché offre des possibilités de croissance, mais souffre d’une pression régulatrice liée à l’inflation. Quelques préconisations:

  • Un développement numérique doit permettre de réduire la complexité des processus.
  • Les solutions de gestion de données doivent permettre d’augmenter la croissance.
  • Une limitation des fausses déclarations au moyen d’analyses de données, de technologies à capteurs et de technologie de souscriptions améliorées doit permettre de réduire le nombre de fraudes, notamment au niveau des assurances auto.
  • Une focalisation sur IFRS 17 est essentielle pour permettre une adaptation efficace à cette nouvelle norme comptable.

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