Deloitte – L’avènement de l’assurance automobile connectée

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Le cabinet Deloitte a publié en novembre 2016 une étude européenne sur l’assurance automobile intitulée “L’avènement de l’assurance automobile connectée“. Cette étude est réalisée pour la deuxième année consécutive auprès d’environ 15 000 consommateurs et dans 11 pays d’Europe (Autriche, Belgique, France, Allemagne, Irlande, Italie, Pologne, Pays-Bas, Espagne, Suisse et Royaume-Uni).

En bref, Deloitte considère que ces produits sont prometteurs, que les clients sont prêts, et qu’il reste à travailler le modèle opérationnel en s’orientant vers les services. L’un des principaux éléments à retenir réside dans la notion de plateforme de services, présentée à la fin de l’étude.

Situation actuelle du marché européen

Deloitte présente le chiffre de 97Mds d’euros pour la taille du marché européen (primes émises) de l’assurance automobile en 2015. Ils présentent également un potentiel de l’assurance connectée à l’horizon 2020.

Trois enseignements sont à retenir:

  • Au global, le potentiel est de 17% (soit 15Mds €) d’assurance automobile connectée, avec deux pays très en avance: l’Italie (voir l’étude de cas Swiss Re à ce sujet) et dans une moindre mesure le Royaume-Uni. Ces deux pays ont un potentiel à respectivement 27 et 23% de leur marché. A noter, côté Italie, la présence d’ores et déjà de 4,5m de polices d’assurances concernées.
  • L’étude fait apparaître un changement significatif entre 2015 et 2016: l’intention de changer d’assureur augmente de plus de 15% en Europe. Pour les auteurs, cela dénote une transition en marche vers un marché plus liquide, et donc une nécessaire transformation. (Note: En France, on l’observe à travers les conséquences de la Loi Hamon)
  • 28% des répondants sont prêts à partager leurs données avec leur assureur. Aux extrêmes, ont trouve la France et l’Allemagne les plus frileux (27% et 25%), et la Belgique, la plus intéressée (40%).

De courtes fiches de synthèses sont présentées par pays et permettent d’expliciter les situations locales spécifiques.

Partage des données

Alors que les assureurs n’ont pas toujours bonne presse, les clients sont néanmoins plutôt prêts à partager leurs données avec eux. En effet, les assureurs ont relativement une meilleure image que de nombreux autres types d’acteurs.

Dans un marché de plus en plus standardisé, concurrentiel et fluide, ceci montre l’apparence d’un momentum pour les assureurs. Il pourrait être intéressant pour eux d’exploiter ces bonnes conditions pour se positionner sur ce marché et ainsi mettre en place des critères différenciant par rapport à leurs concurrents.

Néanmoins, impossible de parler d’assurance automobile connectée sans parler d’analyse et de traitement des données collectées. Il s’agit donc d’organiser la transition vers plus de big data pour bénéficier de réelles compétences de ciblages.

Quels clients potentiels?

6 catégories de clients sont identifiés par l’étude, avec un intérêt très différent envers les contrats d’assurance connectée:

  • Segment des assurés âgés curieux
  • Assurés âgés fidèles

  • Catégories assurés âgés réfractaires
  • Jeunes assurés versatiles

  • Jeunes assurés fidèles
  • Assurés à primes élevées

Si ces catégories mériteraient d’être un peu affinées, elles permettent déjà aux auteurs de l’étude d’en faire une comparaison internationale.

Extrait de l’analyse détaillée par pays / segment

Quelles motivations à la souscription d’une assurance automobile connectée?

Plusieurs scénarios ont été proposés aux répondants.

Les consommateurs apparaissent beaucoup plus enclins à partager leurs données de conduite que les données provenant des réseaux sociaux. De plus, comme attendu, la réduction du prix est la motivation principale qui peut encourager à partager ses informations. En revanche, l’apport de services complémentaires fait bonne figure dans les attentes des clients.

L’étude présente alors deux visions intéressantes montrant la corrélation en la valorisation des services et la confidentialité des données, d’abord par pays, puis par segment de population.

On notera ici des profils différents pour les deux pays les plus en avance (Italie et Royaume-Uni).

Quels services?

L’assurance automobile connectée serait-elle, en plus d’une opportunité de différenciation sur le marché, l’occasion de renouveler ou développer l’offre de services. C’est ce que pense en effet les auteurs de l’étude.

Catégories de services

3 catégories de services ont été étudiées:

  • Services en relation avec l’automobile: assistance dépannage, notification de vol, etc.
  • Services non liés à l’automobile: offre promotionnelle géolocalisée, etc.
  • Analyse de données et services liés au comportement de conduite: informations sur les trajets et les dépenses, comparaison de la conduite avec les amis, etc.

Puis, les personnes interrogées ont dû indiquer si elles seraient d’accord pour partager leurs données afin de pouvoir bénéficier d’un des 17 services proposés.

4 services suscitent donc manifestement un intérêt significatif (plus de la moitié des répondants seraient prêts à partager leurs données):

  • assistance dépannage gratuite
  • assistance automatique en cas d’urgence
  • notification de vol / traçage des véhicules volés
  • services gratuits de changement d’huile ou d’entretien du véhicule

Ces services (en relation avec l’automobile) pourraient alors servir de leviers pour des assureurs afin de monter ensuite en maturité sur les 2 autres catégories de services.

Boitier / Application smartphone

Enfin, l’étude fait apparaître une préférence dans presque tous les pays pour un boitier installé dans le véhicule plutôt qu’une application sur smartphone. Une nuance est à apporter: les jeunes assurés versatiles montrent un comportement plutôt inversé (54% de préférence pour l’application). Comme c’est dans ce segment que réside un fort potentiel de développement, cette nuance a de l’importance!

Le choix de l’appareillage étant assez structurant, les assureurs devront donc choisir les segments de population qu’ils veulent cibler comme préalable à toute démarche.

Les habituelles inquiétudes des assurés ne sont pas écartées de cette étude.

La question de la transparence quant à l’utilisation des données est donc essentielle. De plus, trois approches sont à prendre en compte par les assureurs pour intégrer les problématiques de responsabilité sociale:

  • dimension éthique de l’usage des données
  • possibilité de nourrir un nouveau type de relation avec l’assuré
  • prise en compte d’une réelle prévention des risques / réduction de la sinistralité.

Au final, il devrait être clair pour les assureurs que les données collectées doivent être utilisées pour la réduction du risque et pas seulement pour la sélection des risques. Nous constatons nettement dans notre étude que l’appréciation des services est liée aux problématiques de sécurité.

La plateforme de services

L’un des principaux éléments à retenir de cette étude est la notion de plateforme de services. Les assureurs ont en effet l’opportunité de passer d’une proposition de valeur centrée sur la gestion de sinistres à une gamme de services plus large autour de l’expérience de la mobilité.

L’assurance automobile connectée pourrait être le produit qui permettra à l’assureur de renouveler sa relation avec l’assuré, en ajoutant des points de contacts plus fréquents notamment.

Cela implique pour l’assureur de s’intéresser, au-delà d’avantages tarifaires, à tout l’écosystème de l’assurance automobile. Plus spécifiquement, l’assureur devra probablement y prendre part de manière plus profonde et investir ces nouveaux segments pour réinventer l’expérience utilisateur.

Le choix qui se présente est donc simple pour l’assureur:

  • Soit ne rien faire et prendre le risque de se faire déborder par des nouveaux acteurs qui déborderont sur son segment d’activité
  • Soit se positionner comme une plateforme de services, qui permettra à l’assuré d’accéder à tous un écosystème de partenaires.

L’expérience de quelques acteurs sur d’autres marchés (eBay, Uber, TripAdvisor, etc.) montre le potentiel d’un tel modèle économique. Ces entités sont en effet capables d’opérer des structures légères et flexibles qui s’adaptent rapidement aux besoins des consommateurs.

L’assurance automobile est déjà assez mature, et propose un environnement clair. Ce sera donc surement l’une des premières branches pour laquelle il faudra réinventer le modèle opérationnel. Les premiers à se lancer disposeront d’un avantage compétitif certain.

Deloitte présente pour terminer une proposition de gammes de services qui pourraient être adressés.

 

 

Deloitte – L’avènement de l’assurance automobile connectée

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